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GUIDE

Comment rédiger et utiliser le plan inondation de votre commune

Un plan inondation communal, le volet crue de votre PCS, dit qui fait quoi à chaque couleur de vigilance et à chaque hauteur d’eau, sous une forme qu’un agent fatigué peut suivre en pleine nuit. Ce guide couvre les seuils, les stations Vigicrues, l’évacuation, les batardeaux et les pompes, les personnes vulnérables, le dossier de catastrophe naturelle et la vérification annuelle.

Dernière vérification 2026-10-30

À quoi sert le plan inondation communal

Écrire ce plan relève de l’étape PREPARE du cycle de préparation. S’en servir relève d’ADAPT : la rivière franchit une cote fixée à l’avance, et l’option préparée s’applique sans débat. L’inondation est le premier risque naturel en France ; plus de 17 millions de personnes y sont exposées, et 64 % des habitants de communes exposées en métropole n’en ont pas conscience, selon les chiffres publiés sur Géorisques.

Vous ne partez pas de rien. Le plan de prévention du risque inondation (PPRI), élaboré par l’État, vaut servitude d’utilité publique et règle surtout ce qui se construit. Il ne dit pas qui ferme la route basse à deux heures du matin : cette partie revient au plan communal de sauvegarde, obligatoire notamment si un plan de prévention des risques est prescrit ou approuvé ou si la commune se trouve dans un territoire à risque important d’inondation. La digue éventuelle dépend de l’intercommunalité au titre de la GEMAPI : demandez-lui le niveau de protection réel de l’ouvrage et ce qu’elle prévoit s’il est dépassé.

Des seuils de vigilance reliés à des actions

DÉCLENCHEURCE QUE CELA SIGNIFIEHORIZONCE QUE FAIT VOTRE PLAN
Votre cote localeUne hauteur fixée par la commune, sous le premier enjeu touchéDépend de la rivièreLes agents inspectent grilles et fossés. Le responsable ouvre la main courante.
Vigilance jauneDébordements et dommages localisés, ou montée rapide et dangereuse des eaux24 heuresAppeler l’astreinte. Vérifier pompes et carburant. Joindre les personnes vulnérables et les activités exposées, comme un camping.
Vigilance orangeDébordements importants, impact significatif sur la vie collective et la sécurité24 heuresRéunir le poste de commandement communal. Poser les batardeaux. Déplacer les véhicules. Préparer le centre d’accueil.
Vigilance rougeCrue majeure, menace directe et généralisée24 heuresSuivre les consignes du préfet et des secours. Mettre les agents en sécurité. Le 18 ou le 112 si des vies sont en jeu.
DécrueLe niveau baisse et la vigilance est levéeAucunOuvrir la liste de reconstruction. Personne ne rentre avant le feu vert des services compétents.

Définitions : Vigicrues et Géorisques. La carte est produite au moins deux fois par jour, à 10 h et à 16 h. Les actions sont des exemples à adapter.

Stations Vigicrues, crues soudaines et cote locale

Regardez d’abord si votre cours d’eau est surveillé. Vigicrues suit les principaux cours d’eau, soit 23 000 km, et couvre 75 % de la population vivant en zone inondable. Pour une partie de ces stations, le réseau publie des cartes de zones d’inondation potentielle (ZIP), plus de 370 à ce jour, qui montrent l’emprise de l’eau pour une hauteur donnée. Ce sont les meilleurs documents pour fixer vos cotes. Sur les petits cours d’eau non couverts, abonnez la commune à Vigicrues Flash, qui avertit d’un risque de crue soudaine dans les prochaines heures et couvre environ 10 000 communes, ainsi qu’à APIC, le service de Météo-France sur les pluies intenses. Les deux abonnements sont gratuits pour les collectivités et envoient SMS, courriel et message vocal. Ajoutez la vigilance pluie-inondation de Météo-France, publiée par département au moins à 6 h et à 16 h.

Sans station utile, créez votre propre repère : une échelle peinte sur une pile de pont, ou un repère de crue existant. Voici le calcul sur un exemple. Admettons que la dernière crue ait atteint le premier seuil de porte de la rue du Moulin à 2,60 m sur l’échelle, que la rivière soit montée de 15 cm par heure et que vos équipes aient besoin de trois heures pour évacuer la rue. Votre cote d’action est alors de 2,15 m au plus tard. Retenez 2,00 m pour garder une marge en cas d’appel de nuit, et inscrivez ce chiffre dans le plan. Ces valeurs sont inventées : mesurez les vôtres, et révisez-les après chaque crue.

Évacuation, itinéraires et centres d’accueil

Reportez sur une carte papier les rues inondées en premier et l’itinéraire qui reste sec le plus longtemps. Prévoyez un centre d’accueil et un second au cas où le premier serait coupé. Parcourez ensuite chaque itinéraire à la cote d’action : une route qui paraît sûre sur le plan peut cacher un point bas. La consigne nationale à relayer est simple : on n’évacue son domicile que sur ordre des autorités, on ne prend pas sa voiture, car 30 cm d’eau suffisent à l’emporter, et on ne va pas chercher ses enfants à l’école. Tout agent ou bénévole envoyé sur le terrain doit avoir un chemin de retour, et personne ne s’expose pour poser une protection.

Sacs de sable, batardeaux et pompes

Les consignes de Géorisques citent sacs de sable et barrières amovibles (batardeaux), à installer sans se mettre en danger, parmi les protections à prévoir. Nous n’avons pas trouvé d’évaluation officielle française de leur efficacité. Soyez donc précis sur leur usage dans votre plan : fermer une porte basse, boucher une aération, dévier un écoulement peu profond. Indiquez qui stocke, remplit et livre, et combien de temps cela prend. Du côté des habitants, un diagnostic de vulnérabilité et une zone refuge à l’étage feront souvent plus.

Les pompes demandent plus de réflexion qu’on ne le croit. Notez pour chacune son propriétaire, son emplacement, son carburant, sa longueur de tuyau, qui peut la faire tourner et où va l’eau. Pomper vers un réseau déjà saturé déplace le problème chez le voisin. Gardez les coordonnées des entreprises locales et passez les conventions avant la saison.

Personnes vulnérables

Le recensement des personnes vulnérables et des zones sensibles fait partie du contenu du PCS. Gardez une liste courte et concrète : qui a besoin d’aide pour se déplacer, qui dépend d’un appareil électrique, qui n’a pas de téléphone, quel EHPAD ou quelle école a un rez-de-chaussée exposé, et qui va vérifier chacun. Ce sont des données personnelles : décidez où la liste est conservée, qui la consulte et à quel rythme elle est actualisée.

Reconstruction et dossier de catastrophe naturelle

La reconstruction commence quand l’eau est encore haute. Tenez une main courante des hauteurs et des décisions, photographiez les laisses de crue avec leur emplacement, et notez pour chaque bâtiment touché la date, la hauteur et le trajet de l’eau. Le dossier Cat-Nat en dépend : les sinistrés déclarent d’abord à leur assureur puis se signalent en mairie, et le maire dispose de 24 mois après le phénomène pour déposer sa demande auprès du préfet. Une fois vos repères relevés, faites-les aussi poser : l’installation de repères de crues fait partie des actions confiées aux communes.

Vient alors l’étape LEARN. Demandez ce qu’indiquait l’échelle quand la première porte a été touchée, et déplacez la cote si elle a joué trop tard. Notre guide conduire un retour d’expérience détaille la réunion, et le format SITREP garde la main courante lisible.

Vérification annuelle du plan inondation

Sur le papier

  • Appeler chaque numéro de l’annuaire.
  • Mettre à jour les astreintes, les suppléants et la liste des personnes vulnérables.
  • Comparer les cotes d’action à la dernière crue.
  • Vérifier les abonnements Vigicrues Flash et APIC et leurs destinataires.

Sur le terrain

  • Faire tourner chaque pompe et essayer les batardeaux sur les portes prévues.
  • Parcourir l’itinéraire d’évacuation, curer grilles et fossés.
  • Organiser un exercice sur table d’une heure avec les hauteurs de l’an dernier.
La place de Sinkaos

Dans Sinkaos, un plan inondation peut contenir des plans A, B et C avec des points de décision liés aux valeurs d’une station : un seuil de capteur déclenche une alerte et l’option préparée est prête. Les avertissements officiels s’affichent comme source de contexte, les comptes rendus de terrain fonctionnent hors ligne et le retour d’expérience se construit à partir de la main courante. La décision reste humaine. Voir Sinkaos pour la gestion de crise communale.

Questions sur le plan inondation communal

Qui doit rédiger le plan ?
Le maire, dans le cadre du PCS, avec l’appui du SIDPC de la préfecture. L’intercommunalité, le syndicat de rivière et le service de prévision des crues sont de bons relais pour les données.
De combien de temps disposera-t-on ?
Vigicrues donne une vigilance à 24 heures sur les grands cours d’eau, alors qu’une crue soudaine peut survenir en quelques heures après de fortes pluies. Le travail utile commence donc à votre cote locale ou à la vigilance jaune.
Quelle différence entre le PPRI et le PCS ?
Le PPRI encadre l’urbanisme en zone inondable. Le PCS organise l’action de la commune pendant l’événement. L’un rend généralement l’autre obligatoire.
Qui dirige en cas de crue grave ?
Le maire dirige les opérations sur sa commune, sauf si le préfet prend la direction, par exemple en déclenchant le dispositif ORSEC. Consultez notre guide sur la coordination des secours en France.
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