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GUIDE

Comment se coordonnent les secours et les autorités en France, expliqué aux organisations qui travaillent à leurs côtés.

En France, la coordination des secours ne repose pas sur une organisation unique : elle découle des pouvoirs de police du maire et du préfet, du code de la sécurité intérieure et du dispositif ORSEC. Si vous dirigez une association, un gestionnaire de réseau, une entreprise ou une commune, vous pouvez y être associé par agrément, par convention ou par réquisition le jour même. Ce guide explique qui dirige, comment l’aide est demandée et ce que la loi attend de vous.

Dernière vérification 2026-10-23

Ce que recouvre la sécurité civile

Le code de la sécurité intérieure (CSI) définit la sécurité civile comme la prévention des risques de toute nature, l’information et l’alerte des populations, et la protection des personnes, des biens et de l’environnement contre les accidents, les sinistres et les catastrophes (art. L112-1). Elle mobilise l’État, les collectivités et d’autres personnes publiques ou privées, et le code pose que toute personne concourt par son comportement à la sécurité civile (art. L721-1).

Au quotidien, l’essentiel des interventions relève des services d’incendie et de secours (SDIS), du SAMU et des forces de l’ordre, engagés selon leurs propres règles et coordonnés sur place. Quand un événement dépasse ce cadre, par son ampleur, sa durée ou le nombre de communes touchées, le préfet active le dispositif ORSEC (organisation de la réponse de sécurité civile), qui organise la mobilisation de tous les acteurs publics et privés selon des plans préparés à l’avance.

Deux notions reviennent sans cesse. Le directeur des opérations de secours (DOS) est l’autorité politique et administrative qui dirige : le maire sur sa commune ou le préfet. Le commandant des opérations de secours (COS), en général un officier de sapeurs-pompiers, commande les moyens engagés sur le terrain sous l’autorité du DOS.

Les acteurs des secours

ACTEURSTATUTMODE D’ENGAGEMENT
Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), sapeurs-pompiers professionnels et volontairesPermanentEngagés par le centre de traitement de l’alerte (18, 112) selon le règlement opérationnel ; fournissent en général le COS
Brigade de sapeurs-pompiers de Paris et bataillon de marins-pompiers de MarseillePermanentUnités militaires qui assurent les missions du SDIS à Paris, en petite couronne et à Marseille
SAMU et SMURPermanentRégulation médicale par le centre 15, envoi des équipes médicales
Police nationale et gendarmerie nationalePermanentAppels au 17 ; bouclage, circulation, ordre public, enquête
Formations militaires de la sécurité civile (UIISC)Renfort nationalEngagées par le ministère de l’Intérieur sur les crises importantes
Forces arméesRenfortSur réquisition de l’autorité civile ou demande de concours, selon la règle des « 4i »
Associations agréées de sécurité civileSur sollicitationMissions définies par leur agrément (A, B, C ou D) et par les conventions passées
Gestionnaires de réseaux et opérateurs (électricité, gaz, eau, télécommunications)Sur sollicitationMobilisés par le préfet dans le cadre ORSEC
Réserves communales de sécurité civileÉchelon communalMobilisées par le maire, surtout pour le soutien à la population

Hors de Paris et de Marseille, les sapeurs-pompiers relèvent des SDIS, établissements publics départementaux, et la grande majorité d’entre eux sont volontaires.

Qui dirige, du terrain au niveau national

La chaîne se lit à trois échelles. Savoir à laquelle vous avez affaire vous dit de qui viennent les instructions qui comptent.

  • Sur le terrain : le COS. Le commandant des opérations de secours met en œuvre, sous l’autorité du DOS, tous les moyens publics et privés mobilisés pour les secours (CGCT, art. L1424-4). Sur un événement important, il travaille avec un commandant des opérations de police et de gendarmerie et, pour les nombreuses victimes, avec un directeur des secours médicaux. Toute équipe extérieure se présente à lui ou au chef de secteur qu’il désigne.
  • Au niveau départemental : maire, préfet, COD. Le maire dirige les opérations sur sa commune au titre de ses pouvoirs de police (CSI, art. L742-1). Le préfet prend la direction quand l’événement dépasse les capacités ou le territoire d’une commune, ou quand il déclenche ORSEC (art. L742-2). Il réunit alors en préfecture le centre opérationnel départemental (COD), où siègent les services de l’État, le SDIS, les forces de l’ordre, l’ARS et les opérateurs concernés. Le CODIS des sapeurs-pompiers suit en continu l’engagement des moyens.
  • Aux niveaux zonal et national. Le préfet de zone de défense et de sécurité coordonne les renforts entre départements avec son centre opérationnel zonal (COZ). Au niveau national, le centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC) du ministère de l’Intérieur suit les crises et engage les renforts nationaux ; pour une crise majeure, le Premier ministre peut activer la cellule interministérielle de crise.

Comment une organisation extérieure s’y intègre

Il y a deux voies d’entrée. La voie préparée est meilleure pour tout le monde.

  • L’agrément de sécurité civile (CSI, art. L725-1 à L725-3) permet à une association dont l’objet comprend la sécurité civile de participer aux opérations de secours (agrément A), au soutien et à l’accompagnement des populations sinistrées (B), à l’encadrement des bénévoles spontanés (C) ou aux dispositifs prévisionnels de secours lors de rassemblements (D, que seules les associations agréées peuvent assurer). Une association agréée est inscrite dans les plans ORSEC et engagée à la demande du DOS ; des conventions avec la préfecture, le SDIS ou les communes précisent qui peut l’activer, ce qu’elle fournit et en combien de temps.
  • La réquisition est l’aide imposée le jour même. En cas d’urgence, le préfet peut requérir des personnes, des biens et des services (CGCT, art. L2215-1, 4°), par exemple les engins d’une entreprise de travaux publics ou un gymnase privé ; le refus d’exécuter une réquisition est pénalement sanctionné et la prestation est indemnisée. Le maire, au titre de ses pouvoirs de police, peut lui aussi prendre en urgence les mesures nécessaires sur sa commune.

Le rôle de la commune pendant une intervention

Le maire doit prévenir et faire cesser les accidents et les fléaux calamiteux et pourvoir d’urgence aux mesures d’assistance et de secours (CGCT, art. L2212-2, 5°). Pendant une intervention, cela veut dire alerter et informer la population, mettre à l’abri ou évacuer en lien avec le COS, ouvrir un centre d’accueil, ravitailler et reloger. Son plan communal de sauvegarde organise ces missions et son poste de commandement communal les conduit, y compris quand le préfet a pris la direction des opérations.

En pratique, le maire ou un adjoint se rend sur place, se présente au COS et propose ce dont la commune dispose : salles pour l’hébergement, transport, services techniques, réserve communale, connaissance du terrain et des habitants vulnérables. Notre guide du plan communal de sauvegarde traite de la préparation.

Liste de contrôle pour les organisations qui veulent être prêtes

Avant

  • Pour une association, renseignez-vous auprès de la préfecture (SIDPC) sur l’agrément de sécurité civile et les conventions possibles.
  • Tenez à jour la liste des personnes habilitées à engager votre organisation et la façon de les joindre jour et nuit.
  • Sachez ce que vous pouvez fournir, en quelle quantité et en combien de temps.
  • Participez aux exercices ORSEC ou communaux quand vous y êtes invité.
  • Désignez en interne la personne qui parle au COS ou au COD.

Le jour même

  • Présentez-vous au COS ou au chef de secteur auquel vous êtes affecté, et suivez ses consignes.
  • Gardez le compte de vos propres équipes : qui est où, à faire quoi.
  • Notez quel matériel et quelles personnes vous avez fournis, à qui et quand, surtout en cas de réquisition.
  • Signalez directement au COS les dangers constatés sur place.

Après

  • Remettez vos relevés pour le retour d’expérience si on vous le demande.
  • Demandez l’indemnisation ou le remboursement par la voie prévue ; elle dépend de la façon dont vous avez été engagé.
  • Faites le point sur ce qui a marché et mettez à jour vos contacts et vos conventions.
La place de Sinkaos

Sinkaos n’est relié à aucun système des services de secours et ne remplace ni les centres de traitement des appels, ni les numéros d’urgence, ni la radio. Il aide votre propre organisation à suivre ses équipes, ses tâches et son matériel pendant que vous appuyez les secours, fonctionne hors ligne et laisse un relevé horodaté de ce que vous avez fourni. Voir équipes de terrain des ONG et gestion de crise communale.

Ce qu’on nous demande le plus souvent

Les sapeurs-pompiers volontaires font-ils partie du dispositif ?
Oui. Ils sont membres du SDIS au même titre que les professionnels et sont engagés par le même centre de traitement de l’alerte, selon leur disponibilité.
Notre association peut-elle participer aux secours ?
Oui, si elle obtient un agrément de sécurité civile pour le type de mission visé (A, B, C ou D). L’agrément est délivré par le préfet pour une activité départementale ou par le ministre de l’Intérieur pour une activité nationale. Sans agrément, l’aide passe par la commune ou par une association agréée qui encadre les bénévoles.
Qui commande sur les lieux ?
Le commandant des opérations de secours, en général un officier de sapeurs-pompiers. Il agit sous l’autorité du directeur des opérations de secours, le maire ou le préfet.
Une entreprise doit-elle aider si on le lui demande ?
Si l’autorité lui adresse une réquisition, oui : le préfet peut requérir personnes, biens et services en cas d’urgence (CGCT, art. L2215-1, 4°), et le refus est sanctionné. Hors réquisition, l’aide est volontaire.
Que change le déclenchement d’ORSEC ou un état d’urgence ?
Avec ORSEC, le préfet dirige les opérations, active le COD et peut mobiliser tous les acteurs prévus par les plans. L’état d’urgence, prévu par la loi du 3 avril 1955 et déclaré par décret en conseil des ministres, donne des pouvoirs supplémentaires au ministre de l’Intérieur et aux préfets ; il est réservé aux situations exceptionnelles.
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