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GUIDE

Un plan de communication pour le jour où le réseau mobile et internet tombent

Un plan de communication en cas de panne de réseau dit ce que fait chacun quand les téléphones s’arrêtent, sans attendre d’instruction. Ce guide couvre les couches PACE, les points de ralliement et les vacations horaires, les estafettes, les données hors ligne, les solutions radio accessibles en France et un exercice à faire en un après-midi.

Dernière vérification 2026-10-30

À quoi ressemble une panne vue du terrain

Les réseaux disparaissent rarement d’un seul coup. Dans une crue, une tempête ou une longue coupure d’électricité, on voit plutôt des données lentes, puis des appels qui échouent, puis des sites qui s’éteignent à mesure que l’alimentation lâche. Le bilan présenté à l’Arcep en mai 2025 fait de l’électricité le « pilier central » des réseaux fixes et mobiles, et note qu’il est difficile de savoir vite si une panne vient des équipements télécoms ou du courant. À Mayotte après le cyclone Chido, 94 % des antennes étaient hors service et les appels d’urgence ont mis 24 heures à revenir. Un rassemblement dense peut aussi saturer un réseau en bon état : c’est pourquoi les consignes officielles demandent d’éviter de téléphoner pendant une inondation, afin de laisser les réseaux aux secours. Le danger se loge dans l’intervalle où personne n’a encore admis que le réseau est tombé, pendant que chaque équipe attend un message qui n’arrivera pas.

Le plan a donc besoin d’un déclencheur autant que d’une solution de secours. Dans le cycle de préparation, on l’écrit pendant PREPARE, on le répète pendant TRAIN, et il sert pendant ADAPT, quand tout le monde bascule sur l’alternative prévue. Pour le terme lui-même, voir plan PACE.

Les couches PACE d’une équipe de terrain

COUCHEMOYENBASCULER QUANDCE QUI MARCHE ENCORE
PrincipalApplication sur données mobiles, appels vocauxFonctionnement normalTout
AlternatifSMS et application en mode bas débit, seconde carte SIM sur un autre opérateurDeux envois échoués en 5 minutesTexte court, avec retard
ContingenceRadios portatives sur le canal convenu, avec un directeur de réseauAucun contact pendant 15 minutesVoix, un seul à la fois, portée courte
UrgencePoint de ralliement à l’heure fixée, puis estafette avec message écritAucun contact à la vacation suivantePapier, lentement

Les seuils sont nos suggestions. Fixez les vôtres en exercice et notez-les sur une fiche que chacun garde sur soi.

Points de ralliement et vacations horaires

Le point de ralliement répond à la question « où aller si je n’ai plus de nouvelles ? ». Choisissez-en un par secteur et un pour toute l’équipe, joignables malgré le danger attendu : hors de la zone inondable du PPRI, accessibles à pied et faciles à décrire sans carte. Donnez à chacun un nom, une référence de carroyage et une personne désignée pour s’y rendre.

Les vacations horaires transforment le silence en information. Convenez à l’avance que chaque équipe rend compte à heures fixes, par exemple à chaque heure et dix.

  • Une vacation manquée : le poste de commandement le note et essaie la couche suivante.
  • Deux vacations manquées : il envoie une estafette ou un véhicule à la dernière position connue.
  • Une équipe sans contact rejoint son point de ralliement à la demi-heure suivante et y attend 20 minutes.
  • Sans instruction à l’heure fixée, tout le monde rentre à la base.

Estafettes et messages écrits

Une estafette est une personne à pied, à vélo ou en voiture qui porte un message écrit, et c’est le moyen qui marche encore quand plus rien ne passe. Préparez un bloc avec cinq champs : de, à, heure, message, réponse attendue. Faites relire le message à l’estafette et notez ses heures de départ et de remise. De nuit ou près de l’eau, envoyez-les par deux, avec un itinéraire et une heure de retour. Une équipe de 20 peut en général en libérer deux : nommez-les avant le jour J.

Les données que chacun doit avoir hors ligne

Une radio ne transmet pas de carte. Les données doivent se trouver sur l’appareil ou sur papier avant la panne, et tout ce qui suit doit rester accessible sans signal.

  • Cartes hors ligne de toute la zone, avec secteurs et points de ralliement.
  • Le plan, ses alternatives et les conditions qui les déclenchent.
  • Annuaire, canaux radio et indicatifs, aussi sur papier.
  • Liste des tâches et fiches réflexes du poste.
  • Une batterie externe, et une copie papier de ce qui bloquerait le travail si le téléphone s’éteignait.

INPT, Réseau Radio du Futur, PMR446 : qui peut utiliser quoi

Police, gendarmerie, sapeurs-pompiers et SAMU s’appuient sur des réseaux à bande étroite, dont l’INPT (Infrastructure nationale partageable des transmissions), qui porte ACROPOL et ANTARES. Une commune ou une association n’y accède pas de son propre chef : le lien passe par le centre de traitement de l’alerte, les secours ou la préfecture.

Le Réseau Radio du Futur (RRF), porté par l’ACMOSS, prend le relais avec un service 4G et 5G qui s’appuie sur Bouygues Telecom et Orange, avec priorité en cas de congestion et itinérance sur Free et SFR. L’agence annonce 300 000 utilisateurs en 2028. L’accès passe par une convention d’adhésion, et les derniers adhérents annoncés comprennent des SDIS, des SAMU, des établissements hospitaliers, une police municipale, la Ville de Blois et le département du Cher : une collectivité peut donc poser la question. Un mode direct assure la continuité tactique si le réseau disparaît. Cette priorité ne protège pas d’une coupure de courant, qui arrête l’antenne pour tout le monde.

Pour les autres, la solution réaliste reste le talkie-walkie PMR446 : selon l’ANFR, aucune licence individuelle n’est nécessaire dans la bande 446-446,2 MHz, à condition de respecter les critères techniques fixés par l’Arcep. La portée est courte, les canaux sont partagés et rien n’est confidentiel : pas de noms ni de données médicales sur les ondes. Un réseau professionnel plus puissant demande une autorisation.

Les radioamateurs bénévoles des ADRASEC, fédérés par la FNRASEC, se tiennent à la disposition du préfet, qui les active par le SIDPC, pour renforcer les liaisons lors d’un plan ORSEC. Une réponse ministérielle confirme qu’ils peuvent s’entraîner bénévolement en vue d’une catastrophe. Prenez contact avec celle de votre département avant d’en avoir besoin, avec l’accord de la préfecture. Enfin, les opérateurs figurent dans le volet ORSEC RETAP-Réseaux avec un correspondant auprès du préfet : leurs annuaires de crise ne sont pas publics, passez donc par le SIDPC.

FR-Alert ne remplace aucune de ces couches. Il passe par les antennes, ne joint que les téléphones connectés et sert à alerter la population : vos équipes ont besoin d’un autre canal pour se parler.

Comment tester un plan de communication en cas de panne

Préparer

  • Prévenir partenaires et centres opérationnels qu’il s’agit d’un exercice, et garder un vrai canal pour la sécurité.
  • Vérifier que chacun a la fiche, la radio, la batterie chargée et les données hors ligne.

Dérouler

  • Sans prévenir, déclarer la panne des données mobiles et demander à chacun de les couper.
  • Chronométrer le passage de chaque équipe à la couche suivante.
  • Faire manquer une vacation à une équipe et voir si l’escalade se produit.
  • Envoyer une estafette avec un message écrit et mesurer l’aller-retour.

Ensuite

  • Noter ce qui a échoué, avec les heures, dans le registre des enseignements.
  • Corriger les fiches et rejouer la partie qui a mal tourné.
La place de Sinkaos

Les applications Sinkaos fonctionnent hors ligne : messages, comptes rendus, incidents, tâches, modifications de carte et traces se créent sur l’appareil et partent dès que possible, et un serveur de terrain local peut faire tourner une opération sans internet. Sur un lien faible, la transmission différée envoie d’abord le texte critique et les alertes, et les alternatives du plan restent disponibles hors ligne avec leurs règles de décision. Il faut tout de même un lien pour échanger des données entre appareils, et Sinkaos ne se connecte pas au RRF : gardez radios et estafettes dans votre plan. Voir cartes hors ligne.

Questions sur les pannes de communication

Quelle différence entre un plan de communication et un plan PACE ?
Un plan de communication dit qui parle à qui et comment. Le plan PACE en est la partie qui classe les solutions de repli, avec le déclencheur de chacune.
Une commune ou une association peut-elle rejoindre le RRF ?
Des collectivités y ont adhéré par convention. Interrogez l’ACMOSS sur votre cas, car nous n’avons pas trouvé de liste publique des conditions pour les associations.
Faut-il une licence pour des talkies-walkies ?
Pas en PMR446 : l’ANFR indique qu’aucune licence individuelle n’est nécessaire si les critères techniques sont respectés. Un réseau professionnel plus puissant demande une autorisation.
À quelle fréquence tester ?
Au moins une fois par an, et à chaque changement de matériel, d’équipe ou de zone. De courts exercices fréquents valent mieux qu’un seul grand exercice annuel.
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