Conscience de la situation : ce qui se passe, ce que cela signifie, ce qui vient ensuite
La conscience de la situation, traduction de l’anglais situation awareness, est la compréhension qu’une personne a de ce qui se passe autour d’elle et de la tournure que cela prend. Elle se forme dans la tête de chacun, et toute décision en dépend.
Les trois niveaux d’Endsley
Le modèle de référence vient de l’article publié par Mica Endsley en 1995 dans la revue Human Factors. Il décrit trois niveaux qui s’appuient les uns sur les autres :
- Perception. Remarquer les faits qui comptent : la rivière est à 2,1 m, l’équipe 3 ne bouge plus.
- Compréhension. Saisir ce qu’ils signifient ensemble : la route basse va être coupée et l’équipe 3 se trouve de l’autre côté.
- Projection. Regarder devant : dans une heure environ, cette équipe ne pourra plus revenir si elle ne part pas maintenant.
Conscience de la situation et situation opérationnelle partagée
Une situation opérationnelle partagée est un affichage commun de l’information. La conscience de la situation est ce qu’une personne en tire. Deux responsables peuvent regarder la même carte et conclure différemment, et la plus belle carte n’aide pas celui qui ne l’a pas regardée depuis une heure. L’affichage soutient le premier niveau pour tout le monde en même temps ; les deux autres dépendent de la formation, de l’expérience et du dialogue.
En France, ce partage passe par la chaîne de commandement plus que par une doctrine propre au terme. Le directeur des opérations de secours, maire ou préfet, décide des orientations ; le commandant des opérations de secours l’assiste et commande sur le terrain. Le centre opérationnel départemental forme, avec les postes de commandement opérationnels éventuels, la chaîne du préfet, et le poste de commandement communal lui fait remonter la situation locale. Le dispositif ORSEC organise aussi l’échange d’informations entre personnes publiques et privées (art. R741-3 du code de la sécurité intérieure). Le point de situation, souvent sous forme de SITREP, est l’outil courant pour se recaler.
Un exemple en situation
Pendant une crue, le poste de commandement communal voit une station Vigicrues franchir un seuil (perception). L’adjoint sait que cette hauteur ferme le seul pont (compréhension) et demande où sont les cars d’évacuation, qui doivent passer dans les 40 prochaines minutes (projection). C’est la connaissance du terrain qui a fait le reste, et c’est pourquoi les étapes KNOW et EXECUTE du cycle de préparation dépendent l’une de l’autre.
Comment cela se traduit dans Sinkaos
Âge de l’information
Les capteurs affichent leur fraîcheur et la relecture signale les trous, pour qu’une donnée ancienne ne passe pas pour du direct.
Source et remise à niveau
Chaque observation porte sa source et peut être marquée vérifiée ou contestée. Un résumé par IA, en option, couvre ce qui a changé pendant qu’une personne était hors ligne.
Questions sur la conscience de la situation
Dit-on conscience de la situation ou conscience situationnelle ?
Un logiciel peut-il donner la conscience de la situation ?
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