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GUIDE

Recherche de personne disparue : la liste de contrôle, de la première heure à la fin des recherches

Cette liste s’adresse aux familles, aux équipes de recherche bénévoles et à ceux qui les coordonnent en France. Elle suit une recherche de personne disparue dans l’ordre où elle se déroule : le signalement d’une disparition inquiétante, la première heure, l’organisation du terrain, l’encadrement des bénévoles et la clôture. Pour qui fait quoi, elle s’appuie sur l’organisation française, où police et gendarmerie dirigent les recherches.

Dernière vérification 2026-10-23

Pourquoi tout se joue dans les premières heures

Le temps joue contre la personne disparue presque à chaque fois. Une personne âgée désorientée se refroidit, un enfant s’éloigne du dernier endroit où on l’a vu, un randonneur blessé voit fondre ses heures de jour. Pendant ce temps, les indices disparaissent : la pluie efface les traces, les témoins oublient, la batterie du téléphone se vide.

C’est aussi au début qu’une recherche dérape le plus facilement pour des raisons d’organisation. Les gens arrivent plus vite qu’on ne peut les briefer, le même chemin est parcouru quatre fois tandis que le fossé voisin n’est jamais vérifié, et un indice trouvé à 22:00 parvient au coordinateur à minuit. La plupart des points ci-dessous servent à éviter ces pertes-là.

Qui dirige une recherche de personne disparue en France

La disparition se signale à la police ou à la gendarmerie, au 17 ou directement au commissariat ou à la brigade, ouverts 24 heures sur 24. Il n’existe pas de définition précise de la disparition inquiétante : un départ sans affaires, une lettre inquiétante, une maladie, le grand âge ou la vulnérabilité d’un enfant suffisent souvent. Quand un proche ou l’employeur signale la disparition d’un adulte, ou s’il s’agit d’un majeur protégé, une enquête est ouverte automatiquement et la personne est inscrite au fichier des personnes recherchées. Pour un mineur, l’enquête démarre dès la déclaration.

L’enquête peut être administrative, et vise alors seulement à retrouver la personne, ou judiciaire, sous l’autorité du procureur ou d’un juge d’instruction, en cas de soupçon d’infraction. Sur le terrain, la recherche relève du service de police ou de gendarmerie territorialement compétent. Les sapeurs-pompiers interviennent sur réquisition et sous ses ordres : la procédure du SDIS du Puy-de-Dôme, par exemple, prévoit que le CTA-CODIS propose systématiquement ses équipes cynotechniques aux forces de l’ordre. En montagne, l’alerte passe par le 112 et ce sont les PGHM, les CRS de montagne ou les groupes montagne des SDIS qui interviennent.

Les associations de recherche, les réserves communales de sécurité civile et les volontaires du voisinage viennent en appui, à la demande des enquêteurs. Les familles d’enfants disparus peuvent appeler le 116 000, numéro européen gratuit ouvert jour et nuit, qui les accompagne dans les démarches. Un adulte retrouvé reste libre de ne pas reprendre contact avec ses proches.

La première heure

Si l’un de vos proches a disparu

  • Vérifiez vite les endroits évidents : maison, jardin, cave, voiture, voisins, amis, la promenade habituelle. Pas plus de quelques minutes.
  • Appelez le 17. Aucun délai n’est imposé ; pour un enfant, une personne âgée, malade ou en danger, dites-le d’emblée.
  • Préparez une photo récente et notez la tenue, chaussures et couleur du manteau comprises.
  • Notez quand et où la personne a été vue pour la dernière fois, par qui, et ce qu’elle avait dit ou prévu.
  • Regardez si elle est partie avec des affaires : papiers, argent, téléphone, sac. Notez ses médicaments, ses problèmes de santé et les lieux qu’elle affectionne.
  • Restez au domicile ou laissez-y quelqu’un, au cas où elle reviendrait.

Coordinateur des recherches : les 60 premières minutes

  • Identifiez l’officier de police ou de gendarmerie qui dirige et convenez avec lui du rôle de votre équipe avant que quiconque parte.
  • Placez la dernière position connue et l’heure sur une carte partagée.
  • Ouvrez une main courante : chaque décision, équipe, tâche et découverte, avec l’heure. Le papier fait l’affaire si rien d’autre ne fonctionne.
  • Envoyez d’abord des équipes rapides vers les lieux probables : chemins, points d’eau, routes, abris, endroits que la personne connaît.
  • Installez un seul point de rassemblement, avec parking, table d’enregistrement et coin briefing.
  • Choisissez un canal radio ou un groupe téléphonique, et une façon de rappeler tout le monde.
  • Vérifiez la météo, l’heure du coucher du soleil, la batterie et l’éclairage des premières équipes.

Ce que les enquêteurs vont demander, et à quoi cela sert

INFORMATIONÀ QUOI ELLE SERT
Photo récenteChercheurs, voisins et public reconnaissent un visage plus vite qu’une description. Elle vous sera demandée pour un enfant.
Vêtements et chaussuresLa couleur détermine si la personne se voit en forêt ; les chaussures disent jusqu’où elle peut marcher.
Dernière fois vue : quand, où, par quiFixe le point de départ et la distance qu’elle a pu parcourir.
Santé, traitements, troubles cognitifsChangent le niveau de risque et le comportement probable.
Téléphone, voiture, véloOuvrent d’autres pistes et changent la distance possible.
Habitudes et lieux familiersBeaucoup de personnes disparues se dirigent vers un endroit connu : ancien domicile, lieu de travail, tombe, point de vue.
Humeur, événements récentsUne dispute, un diagnostic, un deuil ou un harcèlement peuvent rendre la disparition inquiétante.
Qui a déjà cherché, et oùÉvite de refaire les mêmes vérifications et montre les zones qui demandent une vraie fouille.

Liste établie d’après les fiches Service Public sur la disparition d’un adulte et d’un enfant mineur (sources ci-dessous) et la pratique des équipes de recherche. Les enquêteurs peuvent demander d’autres éléments.

Organiser la zone de recherche

Partez de la dernière position connue et élargissez par étapes. Les données publiées sur le comportement des personnes égarées, tirées de nombreuses recherches réelles, montrent des profils très différents : un randonneur, un enfant et une personne atteinte de démence ne vont ni aussi loin ni aux mêmes endroits. Servez-vous-en pour classer les zones par priorité, jamais pour en écarter.

Découpez la zone en secteurs qu’une équipe peut terminer en quelques heures, avec des limites lisibles sur le terrain : routes, ruisseaux, chemins forestiers, lisières de champs. Un secteur bordé par une ligne imaginaire sera fouillé jusqu’à une ligne différente par chaque équipe.

Chaque secteur a un seul responsable et une seule méthode. Notez quand il a été fouillé, par qui, avec quel soin et dans quelles conditions : « fouillé » de nuit sous une averse et « fouillé » en plein jour ne veulent pas dire la même chose.

  • Recherche rapide : de petites équipes mobiles vérifient d’abord chemins, bâtiments, points d’eau et lieux probables.
  • Bouclage : surveillez les routes, ponts et sentiers que la personne devrait emprunter pour sortir de la zone.
  • Fouille systématique : un secteur passé au peigne fin, en ligne ou avec une équipe cynotechnique, après la phase rapide.
  • Recherche sur indice : une découverte resserre la zone, et l’on replanifie autour plutôt que de continuer comme avant.
  • Trace de la couverture : traces GPS ou cartes annotées montrant ce qui a vraiment été couvert, conservées pour l’équipe suivante.

Pendant la recherche

Bénévoles

  • Enregistrez chacun à l’arrivée (nom, téléphone, compétences, avec qui il est venu) et pointez son départ.
  • Briefez chaque équipe : signalement, secteur, méthode, sécurité, façon de signaler une découverte, heure de retour.
  • Personne ne part seul. Associez les bénévoles sans expérience à quelqu’un de formé.
  • Confiez aux volontaires spontanés des tâches sans danger près du point de rassemblement s’il n’y a pas d’équipe encadrée à rejoindre.
  • Relevez les équipes avant l’épuisement et prévoyez boissons chaudes et nourriture au point de rassemblement.
  • Tenez la famille informée par une seule personne désignée, à l’écart de la zone de briefing.

Indices et découvertes

  • Ne touchez pas un indice et ne le déplacez pas. Balisez l’endroit, photographiez-le, notez la position exacte et l’heure.
  • Éloignez tout le monde d’un objet trouvé si un maître-chien peut s’en servir pour la piste.
  • Signalez la découverte au coordinateur sans attendre, par radio si le téléphone ne passe pas.
  • Notez qui l’a trouvé et qui s’en est approché depuis.
  • Replanifiez autour de la découverte au lieu de vous contenter de l’inscrire dans la main courante.

Toutes les deux ou trois heures

  • Mettez la carte à jour : secteurs terminés, en cours, à refaire.
  • Rédigez un court point de situation pour l’officier responsable et l’équipe suivante.
  • Vérifiez la météo, la lumière restante et l’état des chercheurs.
  • Confirmez que chaque équipe partie est rentrée ou a donné signe de vie.
  • Décidez avec l’officier d’élargir, de resserrer ou de modifier la recherche.

Nuit, météo et sécurité des chercheurs

Une équipe qui perd l’un des siens a aggravé la situation. Avant la tombée de la nuit, décidez quelles équipes continuent et avec quel équipement : frontales, piles de rechange, vêtements réfléchissants, une radio par équipe. L’eau, les rochers, les carrières et les pentes raides de nuit restent réservés aux équipes formées.

Le froid et la pluie raccourcissent le temps pendant lequel une personne disparue peut survivre dehors, ce qui plaide pour continuer. Ils ralentissent aussi les chercheurs et émoussent leur attention, ce qui plaide pour des équipes moins nombreuses et mieux équipées. L’arbitrage revient à celui qui dirige la recherche, et il se consigne avec ses raisons.

Fin des recherches et jours suivants

Quand la personne est retrouvée

  • Transmettez la position exacte au coordinateur et appelez le 15 ou le 112 si nécessaire.
  • Rappelez toutes les équipes par le signal convenu et comptez chacun au retour.
  • Laissez les enquêteurs prévenir la famille, sauf accord différent.
  • Récupérez main courante, cartes et traces avant que les gens rentrent chez eux.
  • Remerciez les bénévoles et annoncez-leur l’issue avant leur départ.

Quand la recherche est suspendue

  • Convenez de la décision et de ses motifs avec l’officier responsable, et consignez-la.
  • Indiquez quels secteurs ont été fouillés, avec quelle qualité, et ce qui reste.
  • Transmettez les enregistrements pour qu’une recherche ultérieure puisse repartir de là.
  • Assurez-vous que la famille sait qui est désormais son interlocuteur. L’enquête continue, et au bout d’un an sans résultat elle peut obtenir un certificat de vaines recherches.

Dans les jours qui suivent

  • Organisez un débriefing court : ce qui a marché, ce qui a traîné, ce qui a manqué.
  • Transformez les constats en actions concrètes, chacune avec un responsable.
  • Proposez un soutien aux chercheurs qui ont vécu une découverte éprouvante.
  • Mettez à jour votre liste d’alerte, votre matériel et votre plan de formation.
La place de Sinkaos

Sinkaos réunit la carte partagée, les secteurs, les tâches, les traces des chercheurs et les découvertes dans un seul enregistrement qui fonctionne sur des téléphones sans réseau : le coordinateur voit ce qui a vraiment été couvert. Il travaille à côté de l’officier de police ou de gendarmerie et de la radio, sans diriger la recherche. Voir Sinkaos pour la recherche et le sauvetage.

Vos questions

Faut-il attendre 24 heures avant de signaler une disparition ?
Non. Aucun délai n’existe en France. Les premières heures sont décisives : signalez au 17, au commissariat ou à la brigade dès que vous êtes inquiet, et immédiatement s’il s’agit d’un enfant, d’une personne âgée, malade ou en danger.
Puis-je lancer une battue avec des amis et des voisins ?
Vérifiez les endroits évidents, puis signalez la disparition et proposez votre aide aux enquêteurs. Une recherche parallèle peut brouiller la piste pour les chiens, déplacer des indices et mettre davantage de monde en danger. Si une battue est organisée, elle le sera avec les forces de l’ordre.
Quelle taille doit faire un secteur de recherche ?
Assez petit pour qu’une équipe le termine en quelques heures sur ce terrain, avec des limites visibles sur place. Une forêt dense demande des secteurs bien plus petits qu’une plaine ouverte.
Que doit emporter un bénévole ?
Des vêtements et chaussures adaptés à la météo, un téléphone chargé et une batterie externe, une frontale, de l’eau et de quoi manger, ainsi qu’une pièce d’identité, que le coordinateur peut demander à l’enregistrement.
Qui décide de la fin des recherches ?
Celui qui les dirige, c’est-à-dire la police ou la gendarmerie. Les équipes bénévoles consignent ce qu’elles ont couvert, pour que la décision s’appuie sur des faits et qu’une recherche ultérieure reprenne là où celle-ci s’est arrêtée.
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